Famille Violence-conjugale

Battre sa femme infidèle est compréhensible selon le tribunal de porto

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Le jugement cite la Bible et le Code pénal de 1886 pour attaquer une femme victime de violence conjugale

Cette semaine au Portugal, une décision judiciaire controversée a fait les gros titres. Afin de justifier un jugement d’un cas de violence conjugale pratiquée sur une femme dans la ville de Porto, le juge a minimisé la peine de l’agresseur parce que cette femme aurait commis l’adultère.

L’affaire remonte à novembre 2014, lorsque la femme mariée s’est mise en relation avec un autre homme. Deux mois plus tard, elle a voulu mettre fin à la relation, l’amant a commencé à la poursuivre jusqu’à révéler sa relation au mari de la femme, celle-ci deviendra alors une cible pour les deux hommes.

L’amant aurait même, mis en place un plan pour que les trois se rencontrent, dans un épisode qui a conduit le mari à battre la femme.

Le tribunal de Felgueiras a condamné son mari à un an et trois mois de prison avec sursis pour violence domestique et d’une amende de 1750 euros pour possession d’une arme. L’amant a été condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 3500 euros.

« L’adultère de la femme est une attaque très grave contre l’honneur et la dignité de l’homme. » « Des sociétés existent où la femme adultère est lapidée à mort. » « Dans la Bible, nous pouvons lire que la femme adultère devrait être punie de mort. » Sont quelques phrases contenues dans l’arrêt de la Cour d’appel de Porto, qui rappelle que « depuis longtemps la loi (1886 Code pénal, article 372) puni de la peine de mort la femme qui commettrait l’adultère, et d’une peine symbolique dans le cas d’un homme.  »

Cette décision du juge sur l’adultère des femmes suscite la controverse au Portugal

Le ministère public a saisi la cour d’appel pour tenter d’aggraver la peine, y compris l’emprisonnement.

Amnesty International Portugal s’est dite «préoccupée» par ce qu’elle décrit comme «une culture et une justice qui favorisent la misogynie», qui ne «tiennent pas compte des droits des femmes» et tolèrent la violence. L’organisation non gouvernementale a également estimé que l’arrêt de la Cour d’appel de Porto « violait » les obligations internationales auxquelles le Portugal est tenu.

Dans un communiqué publié sur son site officiel , Amnesty a exprimé sa « profonde inquiétude » par rapport aux « fondamentaux utilisés par le port de la Cour d’appel de rejeter l’appel interjeté par les procureurs dans le cas où deux accusés ont été condamnés à des peines avec sursis pour les crimes de violence domestique, détention d’arme prohibée, atteinte à la vie privée, blessures, offense à l’intégrité physique simple et enlèvement.

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